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« Se faire la belle »

Expression

Par Vercingétorix

15-11-2022

 

Le mot « belle », qu’il soit nom ou adjectif, est un grand classique des expressions de langue française : on peut aimer le camping et vouloir «dormir à la belle étoile », dire qu’on n’a pas vu une personne « depuis belle lurette » ou encore affirmer que « cela nous fait une belle jambe ».

Aujourd’hui, nous allons nous arrêter sur la locution « se faire la belle » : comment doit-on la comprendre ? Quelle est son origine dans la grande histoire de la langue française ? Dans quel contexte peut-on l’utiliser ? On répond à toutes ces questions dans l’article qui suit.

 

Sommaire

  • La signification de l’expression du jour
  • L’histoire derrière les mots
  • Le bon usage avec des exemples

 

La signification de l’expression du jour

 

La locution du jour se compose des éléments suivants :

  • le verbe « se faire » à la forme pronominale qui signifie réaliser pour soi
  • le nom ou adjectif féminin « la belle » qui est l’équivalent féminin de beau

Mot à mot, il s’agit donc de réaliser pour soi quelque chose de beau, ce qui n’est pas très clair. En réalité, l’expression du jour signifie en premier lieu : s’échapper, s’évader d’un endroit où l’on était prisonnier. Par extension, une personne qui se fait la belle prend discrètement la fuite, quitte soudainement un lieu sans prévenir.

Mais comment peut-on expliquer l’association entre l’adjectif « belle » et le fait de s’évader ?

 

L’histoire derrière les mots

 

Pour comprendre l’origine de la locution du jour, il faut remonter à la première partie du XXe siècle et s’intéresser au milieu du grand banditisme. A cette époque, on utilisait déjà des expressions comme « vous l’aviez belle de vous expliquer » ou « vous l’aviez belle de partir ». Dans ces deux exemples, il faut comprendre « belle opportunité » ou « belle occasion ». Pour aller plus vite, l’argot utilisé par les bandits a supprimé le nom et n’a gardé que l’adjectif. On dit alors qu’un prisonnier « fait la belle (opportunité) » quand il s’évade de prison.

Progressivement, l’usage de la forme pronominale « se faire la belle » s’est imposé, sans doute par analogie avec une autre locution au sens voisin : « se faire la malle ». Ensuite, la locution a quitté le milieu du grand banditisme pour s’imposer dans d’autres situations de la vie quotidienne.

 

Le bon usage avec des exemples

 

L’expression « se faire la malle » appartient clairement au registre familier. On la croisera surtout à l’oral et dans un cadre informel. La locution reste figée, on ne rajoutera pas de mot après « belle » et on ne mettra pas de forme plurielle.

Exemples :

« Le dernier membre de la bande de Chablis s’est faite la belle hier alors qu’il était emprisonné à Dijon. »

« Marco est dégoûté. Hier en boîte, il a réussi à chauffer une super meuf mais dès qu’il est parti commander un verre au bar, elle s’est faite la belle ! »

« Ton frère est une mauviette. Au premier coup de savate, il va se faire la belle. »

 

Attention : il ne faut pas confondre l’expression du jour avec la forme « faire/jouer la belle » qui signifie jouer une partie décisive pour départager deux joueurs ou deux équipes qui ont gagné un nombre égal de parties.

 

Mots associés : se faire la malle, s’évader, se tirer, disparaître dans la nature

 

Alors, vous avez terminé l’article  et vous pensez tout savoir sur les expressions de la langue française : la belle affaire ! Avant de partir pour une échappée belle, prenez le temps de retenir que l’expression du jour signifie s’évader de prison car elle est née dans le milieu du grand banditisme au XXe siècle. « Se faire la belle » a ensuite été utilisé dans d’autres contextes pour dire qu’on part en toute discrétion, sans prévenir personne.

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